Étape 1

L'introduction

L'introduction est cruciale : elle donne la première impression au correcteur et pose les bases de votre réflexion. Une introduction réussie, c'est déjà la moitié du travail !

Les 4 moments de l'introduction

1. L'accroche

Commencez par un élément qui capte l'attention : citation, exemple concret, paradoxe, situation de la vie courante. Elle doit être en lien direct avec le sujet.

Exemple : "Descartes affirmait 'Je pense donc je suis', faisant de la conscience le fondement de notre existence..."

2. Définition des termes

Analysez chaque terme du sujet. Donnez-en plusieurs acceptions pour montrer la richesse du questionnement.

Exemple : "La liberté peut se comprendre comme absence de contrainte (liberté négative) ou comme capacité d'auto-détermination (liberté positive)..."

3. La problématique

Formulez la tension, le problème que pose le sujet. C'est une question qui montre que le sujet n'a pas de réponse évidente.

Exemple : "Comment concilier l'idée que nous sommes libres avec le fait que nos actes semblent déterminés par des causes qui nous échappent ?"

4. L'annonce du plan

Présentez clairement les étapes de votre réflexion. Évitez les formules trop scolaires ("Dans un premier temps...").

Exemple : "Si la liberté semble d'abord être un fait d'expérience, nous verrons qu'elle se heurte à l'objection déterministe, avant de comprendre qu'elle peut être redéfinie..."

5 types d'accroches avec exemples

Citation philosophique

Sujet : Les hommes peuvent-ils vivre sans lois ?

"L'homme est un loup pour l'homme" écrivait Hobbes. Cette affirmation semble réduire les relations humaines à une guerre perpétuelle...

Exemple concret / historique

Sujet : Avons-nous besoin de nous dépasser pour exister pleinement ?

Le 16 juillet 1969, l'humanité a vu pour la première fois la Terre depuis la Lune, un petit point bleu dans l'immensité noire. Cet événement a profondément modifié notre perception de nous-mêmes...

Paradoxe

Sujet : Faut-il chercher le bonheur à tout prix ?

Nous passons notre vie à chercher le bonheur, pourtant les études montrent que sa poursuite effrénée peut nous rendre malheureux. Comment expliquer ce paradoxe ?

Question provocante

Sujet : Sommes-nous condamnés à être libres ?

Et si notre liberté n'était qu'une illusion confortable, un récit que nous nous racontons pour donner un sens à des actions déterminées par nos gènes et notre environnement ?

Situation quotidienne

Sujet : La technique nous asservit-elle ?

Chaque matin, des millions de personnes consultent leur smartphone avant même de dire bonjour. Cette dépendance silencieuse interroge notre rapport à la technologie...

3 techniques pour bien définir les termes

1. Définition conceptuelle

Chercher le sens philosophique du terme, distinct du sens courant. Utiliser des oppositions (ex: liberté "de" vs liberté "pour"). Se référer aux auteurs (ex: pour "bonheur", distinguer eudémonisme antique et utilitarisme moderne).

2. Définition opératoire

Définir le terme par ce qu'il permet de faire dans le raisonnement. Ex: "Désirer, c'est tendre vers un objet dont on pense qu'il comblera un manque". Cette définition ouvre directement sur la problématique du manque.

3. Définition par le champ sémantique

Explorer les mots voisins, les contraires, les nuances. Ex: pour "justice", distinguer équité, légalité, droit, juste milieu. Montrer les tensions internes au concept.

5 formulations élégantes pour annoncer le plan

Pour répondre à cette question, nous analyserons dans un premier temps [thèse A]. Puis, dans un second moment, nous montrerons que [thèse B]. Enfin, nous chercherons à dépasser cette opposition en [synthèse].

Nous commencerons par examiner [premier aspect]. Nous serons alors conduits à interroger [deuxième aspect]. Cela nous permettra enfin d'envisager [perspective nouvelle].

Notre réflexion s'articulera autour de trois axes : tout d'abord, l'analyse de [concept 1] ; ensuite, la mise en lumière de [concept 2] ; enfin, l'exploration des conditions de possibilité de [réponse nuancée].

Après avoir établi que [premier point de vue], nous nuancerons cette perspective en considérant que [limites]. Cette dialectique nous mènera à proposer [position dépassée].

Le parcours que nous proposons consistera premièrement à [définir/constater]. Deuxièmement, à [confronter/opposer]. Troisièmement, à [trancher/dépasser] afin d'éclairer pleinement la question.

5 erreurs fréquentes dans la problématique

Erreur : La question rhétorique qui appelle une réponse évidente

"L'art est-il utile ? Non, bien sûr !"

Correction : "En quoi l'inutilité apparente de l'art pourrait-elle être la source de sa valeur la plus essentielle ?"

Erreur : La problématique trop vague ou hors-sujet

Pour "Travailler, est-ce seulement utile ?", problématiser sur "Qu'est-ce que le bonheur ?"

Correction : "Si l'utilité semble être la finalité première du travail, cette réduction ne nous fait-elle pas perdre de vue ses autres dimensions, essentielles à l'humain ?"

Erreur : L'accumulation de questions sans lien logique

"Peut-on ? Doit-on ? Comment ?"

Correction : Formuler une question unique et progressive qui englobe les enjeux.

Erreur : La problématique qui annonce déjà le plan

"Nous verrons d'abord que oui, puis que non, enfin nous nuancerons"

Correction : Exposer le conflit de conceptions sans donner la résolution.

Erreur : L'absence de problématique (simple reformulation)

"L'État est-il un obstacle à la liberté ?" → "Nous allons donc nous demander si l'État est un obstacle à la liberté."

Correction : "Comment concilier la nécessaire contrainte étatique avec l'idéal d'autonomie individuelle qui fonde la liberté ?"

Erreurs classiques à éviter

  • Commencer par "Depuis toujours, l'homme..."
  • Donner sa réponse personnelle dès l'introduction
  • Oublier de définir les termes du sujet
  • Faire une accroche sans rapport avec le sujet

Conseils du correcteur pour gagner des points

  • Soignez la transition entre l'accroche et la définition des termes. Évitez le brutal "Pour commencer, définissons...". Préférez : "Cette situation nous amène à préciser le sens de..."
  • Intégrez les définitions dans un propos fluide qui montre déjà les tensions du sujet. Le correcteur doit sentir que la problématique émerge naturellement des définitions.
  • Votre problématique doit être une QUESTION, pas une affirmation. Elle doit se terminer par un point d'interrogation. Vérifiez qu'elle correspond bien à ce que vos trois parties vont traiter.
  • L'annonce du plan doit être brève et élégante. Évitez "Dans une première partie... puis dans une deuxième partie...". Utilisez des connecteurs logiques variés.
  • Relisez-vous spécifiquement sur l'introduction. Une première phrase qui accroche, des définitions justes, une problématique bien formulée garantissent déjà une très bonne impression.

Gestion du temps pour l'introduction (épreuve de 4h)

15-20 min

Lecture et analyse du sujet

Sur votre brouillon, notez toutes les idées, définitions, auteurs qui vous viennent. Ne négligez pas cette étape.

40-50 min

Construction du plan détaillé

Trouvez vos 3 parties, vos arguments, vos exemples, vos références philosophiques. Votre introduction se rédige EN DERNIER, une fois le plan solide.

15 min

Rédaction de l'introduction au brouillon

Construisez-la soigneusement avec les 4 étapes. Vérifiez la logique et la fluidité.

10 min

Recopiage au propre

C'est la première chose que lit le correcteur, elle doit être impeccable.

Conseil : Ne passez pas plus de 1h30 sur l'ensemble de la conception (sujet + plan + intro brouillon). Gardez 2h pour la rédaction du développement et 30 min pour la conclusion et la relecture. Une introduction rédigée en 25-30 min (brouillon + propre) est un bon rythme.

Exercice pratique : Introduction complète corrigée

Sujet : Suffit-il d'avoir le choix pour être libre ?

Sofia