La conclusion
La conclusion est l'aboutissement de votre réflexion. Elle laisse une dernière impression au correcteur. Une bonne conclusion sauve une copie moyenne, une mauvaise conclusion peut gâcher une bonne copie !
Les 3 moments de la conclusion
1. La synthèse
La synthèse ne doit PAS être un résumé chronologique ou une répétition des parties. Elle doit être un MOMENT NOUVEAU qui montre comment votre argumentation a FAIT ÉVOLUER la réponse à la problématique.
Méthode : Partez de votre dernière partie pour remonter vers la première. Identifiez le fil conducteur qui relie vos parties. Formulez l'idée générale qui émerge de l'ensemble de votre développement.
2. La réponse à la problématique
Donnez votre réponse finale au problème posé. Cette réponse doit être nuancée et découler logiquement de votre développement. Elle ne doit pas être catégorique ni contredire ce que vous avez démontré.
3. L'ouverture
Élargissez la réflexion vers une question connexe, un nouveau problème, ou une perspective plus large. L'ouverture montre que la réflexion SE POURSUIT, pas qu'elle échoue. Évitez les ouvertures artificielles ou hors-sujet.
Comment faire une bonne synthèse (pas un résumé)
Il s'agit de montrer le cheminement intellectuel accompli, pas de répéter ce que vous avez dit.
Exemple pour le sujet "L'art nous détourne-t-il de la réalité ?"
"Ainsi, si l'art peut sembler initialement être une fuite hors du monde (I), il se révèle être, à l'examen, un moyen privilégié d'en révéler les structures et les tensions cachées (II). Finalement, loin de nous en détourner, il nous y réintroduit avec un regard neuf, transformant notre perception même du réel (III). La mimesis n'est donc pas copie, mais révélation."
5 formulations pour une réponse nuancée
Par conséquent, il apparaît que la réponse à la question ne peut être univoque. Elle est [dialectique, conditionnelle, complexe], car si [rappeler la thèse principale], il faut néanmoins concéder que [rappeler l'apport limitatif].
En définitive, on ne saurait affirmer que [formulation extrême]. Il est plus juste de considérer que [formulation nuancée], sans pour autant négliger le fait que [point de nuance].
La problématique trouve ainsi sa résolution dans une perspective qui dépasse l'alternative simple. Il ne s'agit ni de [position 1], ni de [position 2], mais de [formulation synthétique].
Dès lors, l'analyse conduit à nuancer fortement l'idée selon laquelle [idée simpliste]. Si elle contient une part de vérité, elle doit être complétée par [apport des autres parties].
Aussi, la réponse est-elle à chercher dans l'articulation même des perspectives examinées. L'apparente contradiction entre [idée I] et [idée II] se résout dans la compréhension que [synthèse III].
6 types d'ouverture avec exemples
1. Nouvelle question
Proposer une question plus vaste ou plus fondamentale qui découle de votre conclusion.
"Si la technique est bien cette puissance ambivalente de libération et d'aliénation, ne faut-il pas alors s'interroger moins sur son essence que sur la sagesse de ceux qui l'utilisent : finalement, la question ne serait-elle pas celle de l'éducation ?"
2. Œuvre d'art
Évoquer une œuvre (littéraire, picturale, cinématographique) qui illustre ou prolonge votre propos.
"Cette tension entre liberté individuelle et vie en société trouve une illustration frappante dans le film « Le Parrain » de Coppola, où la quête de puissance de Michael Corleone l'isole dans une solitude tragique."
3. Actualité
Montrer l'actualité ou l'urgence de la réflexion à partir d'un enjeu contemporain précis.
"Cette réflexion sur les limites de la connaissance scientifique trouve une résonance cruciale dans les débats bioéthiques actuels sur l'édition génomique (CRISPR-Cas9)."
4. Autre notion du programme
Élargir vers une autre notion du programme, montrant les liens de la discipline philosophique.
"Ainsi, le désir se révèle moins comme un manque à combler que comme la force même de notre existence. N'est-ce pas alors vers la notion de bonheur qu'il convient de se tourner pour achever la compréhension ?"
5. Auteur
Citer ou évoquer un auteur non convoqué dans le développement, qui ouvre une perspective complémentaire.
"Cette analyse de la société comme productrice d'illusions pourrait être radicalisée à la lumière de la pensée de Guy Debord, pour qui la société moderne est tout entière structurée par le « spectacle »."
6. Enjeu pratique
Terminer sur une implication concrète qui montre que la philosophie n'est pas une spéculation détachée.
"Dès lors, reconnaître autrui comme un autre moi, ce n'est pas seulement résoudre une énigme théorique ; c'est fonder en raison l'exigence éthique de le traiter non comme un moyen, mais toujours comme une fin en soi."
5 ouvertures à éviter absolument
Erreur : "Enfin, pour conclure..." ou "En conclusion..." (pléonasme)
Correction : Supprimer ces formules. Entrez directement dans la synthèse : "L'analyse a donc montré que..."
Erreur : Une question complètement hors-sujet ou trop vague ("Mais finalement, qu'est-ce que l'homme ?")
Correction : La question doit découler LOGIQUEMENT de votre conclusion. La lier par "ce qui pose la question de...", "on peut dès lors s'interroger sur..."
Erreur : Une citation plaquée, non expliquée et sans rapport évident
Correction : Si vous citez, expliquez brièvement en quoi cette citation fait écho à votre propos.
Erreur : Une ouverture misérabiliste ("Mais ceci est un vaste débat qu'on ne pourra jamais trancher")
Correction : L'ouverture montre que la réflexion SE POURSUIT, pas qu'elle échoue. Elle est un horizon, pas un aveu d'échec.
Erreur : Une simple répétition de la conclusion ou une phrase banale ("Ainsi, ce sujet est très intéressant")
Correction : L'ouverture est un NOUVEAU pas de côté, un élargissement. Elle doit apporter une idée supplémentaire.
6 erreurs fréquentes dans la conclusion
- ✗Introduire de NOUVELLES IDÉES ou de NOUVEAUX ARGUMENTS dans la synthèse ou l'ouverture
- ✗Faire un simple RÉSUMÉ chronologique ("Dans une première partie nous avons vu que... puis... enfin...")
- ✗OUBLIER de répondre explicitement à la problématique de l'introduction
- ✗Écrire une conclusion TROP LONGUE (plus de 3/4 de page) ou TROP COURTE (moins de 10 lignes)
- ✗Proposer une ouverture HORS-SUJET, qui n'a aucun lien avec le cheminement de la dissertation
- ✗Avoir une conclusion DÉSÉQUILIBRÉE par rapport à l'introduction (ton, style, niveau de langage différents)
Bonnes pratiques
- La conclusion doit faire environ 10-15 lignes (3/4 de page)
- Rédigez-la au brouillon avant de la recopier
- L'ouverture doit être en lien avec le sujet
- Ne PAS bâcler la conclusion par manque de temps
Gestion du temps pour la conclusion (20-30 min sur 4h)
Relire rapidement le développement et l'introduction
Bien se remettre en tête la problématique et la progression.
Rédaction de la synthèse et de la réponse nuancée
C'est le cœur de la conclusion, prenez le temps de bien la formuler.
Trouver et rédiger une ouverture pertinente
Pas trop de temps ici si vous êtes pressé, mais ne la négligez pas.
Relecture spécifique de la conclusion
Vérifier la clarté, l'orthographe et la fluidité.
Conseil : Si vous êtes très pressé, privilégiez une synthèse/réponse claire et solide, même avec une ouverture plus courte.
3 exemples de conclusions complètes
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